Dimanche 22 mars, Emmanuel G. a pris un vélo pour aller de Stalingrad à la place de l’Hôtel de Ville à Paris. Quoi de plus banal à Paris : ça va vite, c’est pratique, pas de problème de stationnement ou d’embouteillage, pas de correspondance de métro ni de panne ou d’attente sur le quai… C’est d’ailleurs tellement banal que le nombre de déplacements à vélo a dépassé les automobiles à Paris et près de 10% des Parisiens vont au boulot à vélo au quotidien.

Alors pourquoi cette image d’un Parisien à vélo fait le tour du Monde ? Évidemment ce n’est pas un Parisien lambda : c’est Emmanuel Grégoire, le tout nouveau Maire de Paris qui pédale. Et c’est pile au moment de son élection, après une campagne ardue. C’est la première image du Maire élu. Bref c’est un symbole fort, un choix politique assumé et qui dit beaucoup.
Que dit cette image ?
Cette image dit que Emmanuel Grégoire choisit la proximité : pas de vitres fumées ni de voitures escorte, chaque passant peut voir le nouveau Maire, le saluer et lui sourire – ou l’engueuler ! Cette “hyper proximité” revendiquée pendant la campagne est un changement de méthode qui répond aux critiques d’éloignement des politiques des “gens”, au désaveu et à l’abstention : oui un Maire se doit d’être proche des citoyen-nes et accessible !
Elle dit que le vélo c’est bon pour Paris. A rebours du backlash écolo et des critiques et caricatures anti-vélo qu’on entend depuis des mois, Emmanuel Grégoire choisit ce symbole de l’écologie populaire : car le vélo c’est l’émancipation et la liberté. C’est (quasi) gratuit et ça permet de se passer de pétrole. C’est bon pour la santé. C’est non polluant, non bruyant. Avec les vélos adaptés ou l’assistance électrique, c’est pour toutes et tous. Et que le vélo c’est la joie !
Cette image raconte aussi un bilan et une ambition sur les mobilités : si le Maire de Paris fait du vélo, c’est que Paris est devenu la capitale européenne du vélo, avec ses nombreuses pistes cyclables créées et une réduction importante de la pollution et de la circulation automobile. Et ce n’est pas un coup de comm’ : au débat organisé par les associations cyclistes en février, Emmanuel Grégoire montrait qu’il connaissait parfaitement le sujet et que c’était “du vécu”.
C’est aussi la victoire d’un projet, à l’opposé de celui de Rachida Dati et de Sarah Knafo, qui voulaient augmenter la vitesse automobile et remettre la circulation sur la rue de Rivoli ou sur les quais de Seine.
Ce projet de l’union de la gauche et des écologistes c’est le droit à la mobilité, avec moins de CO2, de pollution, de bruit et d’accidents. Il reste encore beaucoup à faire : aménager les carrefours dangereux, réduire la circulation automobile, améliorer le service des vélibs, faire que les enfants, les jeunes, les familles, les personnes à mobilité réduite et les séniors puissent se déplacer partout, en marchant ou à vélo, en toute sécurité.
Emmanuel Grégoire, en quelques coups de pédale, vient d’écrire une nouvelle page de l’histoire de Paris. Car le vélo fait partie du patrimoine culturel de Paris. Après l’arrivée du Tour de France, la bicyclette des congés payés, les premières manifs à vélo des années 70, l’arrivée des vélib’, on a maintenant cette image du Maire de Paris à vélo !