Charlotte à vélo

En allant au boulot à vélo… j’ai du prendre le vélo de mon homme

Hier, au moment de prendre mon vélo pour vaquer à mes occupations non salariales du mercredi, je vois mon vélo qui pendouille à la barrière. Je m’approche et là, c’est le drame : je vois que mon vélo a été sauvagement attaqué. Ça, on peut dire qu’il en a pris plein la gueule : plateau plié en deux, pare-chaîne tordue, pédale enfoncée, manivelle de pédale déformée, poignée de frein arrachée, et accessoirement, guidon tourné à 90°. L’antivol a pris un coup mais a tenu bon.

Un humain, même très con et très méchant, ne peut pas faire ça. C’est sûrement un gros camion, comme il en passe souvent dans mon quartier, pourtant très passant et très commerçant. Voir mon pauvre vélo, qui en a déjà vu des vertes et des pas mûres, se faire massacrer comme ça, j’ai eu un coup au cœur. Gros avis de déprime. Il m’a fallu prendre mon courage à cinq mains pour l’emmener au réparateur du quartier. Le gars avait l’air bien désolé, il a finalement examiné l’oiseau blessé et m’a dit qu’il fallait tout changer : le pédalier et le frein droit… Et c’était tout, en fait. Ouf ! Quel soulagement de savoir que j’allais une nouvelle fois pouvoir ramener à la vie ce vieux vélo vert, mon fidèle compagnon ! C’est comme un chat, il doit avoir sept vies (je dois en être à la sixième, il faut que je fasse gaffe).

Je ne risque pas, en tous les cas, de le remettre côté rue. Je le mettrai de l’autre côté, car les piétons, même très bourrés, ne peuvent pas faire autant de dégâts qu’un gros camion qui recule et qui défonce tout. L’idéal serait d’avoir un parking vélo. Mais comme dans beaucoup d’endroits à Paris, c’est vraiment la misère. Rien de rien dans la rue. Alors c’est la débrouille : on accroche son vélo comme on peut — une poubelle, un arbre, un garde-corps, un poteau, une grille… Pas terrible, et surtout insuffisant. Et pendant ce temps-là, les scooters et motos peuvent se mettre à l’aise sur les trottoirs sans problème, en défonçant le sol avec leurs béquilles.

En attendant la réparation, j’ai laissé dans la rue mon Jolly-Jumper tout cassé et abandonné, et ai piqué le vélo de mon homme pour aller bosser. Ça, plus quelques choux à la crème, il me fallait bien ça pour me remonter le moral.

(99e épisode)

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