A l’occasion de la discussion sur le projet de contrat de plan interrégional Vallée de la Seine 2023-2027, intervention à propos de la ligne de train LNPN et autres sujets concernant la Seine et sa vallée.
“La Seine est un corridor écologique riche d’une grande variété de poissons, d’oiseaux et d’insectes, dont 15 à 40% sont aujourd’hui menacés de disparition. Entre 2012 et 2018, on a artificialisé 18 000 Hectares en Normandie et en IDF. La Seine reçoit encore de nombreux rejets et polluants.
Riche d’histoire, bassin de vie dynamique, c’est aussi un axe économique majeur. Le Havre c’est l’ouverture de Paris sur la mer avec 100 millions de tonnes de trafic maritime et fluvial
Le trafic routier reste majeur et il y a bien urgence pour la décarbonation du fret, de l’industrie et des transports de voyageurs
La Seine c’est tellement important pour les Normands, pour les Franciliens et pour la France.
Et ce contrat de plan interrégional Vallée de la Seine 2023 – 2027 manque d’ambition.
Le précédent CPIER représentait 762 M€ celui-ci prévoit un budget de 463 M€ seulement. Pas grand chose pour la biodiversité, ni pour la Seine à Vélo qui a moins de 40% de son parcours sécurisé.
Au cœur des débats entre nos deux régions, il y a la Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN). Cela fait 3 ans Mme la Présidente que vous bloquez ce projet. Mais quelle énorme perte de temps. Le projet a démarré il y a plus de 15 ans, et là on s’enlise.
Qui paie ce retard ? le climat d’abord ! car moins de trains, c’est plus de camions et plus de voitures. Ce sont des autoroutes saturées. C’est autant de bruit, de pollution et de dépendance à la voiture.
Mais surtout ce sont les usagers franciliens et normands qui paient ce retard. Les trains sont saturés et le temps de parcours est allongé ! Car oui le train c’était mieux avant : Paris-Le Havre en 1976 c’est 1h45. Maintenant c’est 20 minutes de plus !
Alors que s’est-il passé ? La circulation des trains s’est densifiée et c’est bien le problème n°1 : contrairement aux autres sillons autour de Paris, dans le sens de circulation vers la Normandie, les faisceaux sont partagés avec les transiliens. Et ça bouchonne ! La solution on la connaît : c’est la LNPN.
L’enlisement du projet LNPN, c’est votre responsabilité. C’est pourtant un projet essentiel, sur lequel vous procrastinez depuis des années : de là à croire que vous repoussez à la St glin glin les moindre débuts de travaux ? travaux qui coûteront de plus en plus chers, et pour lesquels aucun crédit n’est inscrit dans le CPIER, hormis des études. Et encore ce sont des études au rabais, diminuées de moitié.
Est-ce que la LNPN est dans l’intérêt des Franciliens ? Oui mille fois oui. Vous avez fait croire que les trains normands ne s’arrêteraient plus à Mantes. Or il n’en a jamais été question. Vous vous vantez d’une victoire sur la SNCF et sur nos collègues Normands. C’est une légende que vous racontez pour faire écran de fumée et pour ne pas assumer d’avoir fait retarder lourdement ce projet.
Mais le CPIER c’est aussi du fret ferroviaire, et là encore on dit : enfin ! 66 sillons permettraient de réduire le nombre de camions sur les routes.
Mais pour l’instant le gros de la collaboration entre nos deux régions concerne l’activité fluviale et portuaire.
Sur les ports, nous vous demandons de faire attention à la multimodalité. Car le fluvial sans le fret ferroviaire, c’est encore beaucoup, beaucoup de camions dans nos territoires. Ainsi il ne faudrait pas qu’un port mal raccordé génère des besoins de routes,ponts et ronds-points et devienne contre productif sur les GES, la pollution et l’artificialisation des sols. Je cite deux exemples significatifs : le port d’Achères qui a suscité de nombreuses inquiétudes pendant le débat du SDRIF et Green-dock à Gennevillier, qui n’a de green que le nom.
Alors pour son manque d’ambition notamment sur la biodiversité et pour les retards concernant la LNPN, nous ne pouvons que nous abstenir sur ce rendez-vous manqué. “