Commençons par les investissements. Vous vous décidez enfin de placer la priorité sur la rénovation des infrastructures existantes et du RER. Mais ceci est un trompe l’oeil, car vous mettez le paquet sur le projet Nexteo. C’est une véritable arlésienne, une espèce de puits sans fond, et on se désespère de voir le début d’une amélioration pour les RER. Quant au matériel roulant Alstom, c’est retard sur retard, ces nouvelles rames du RER, c’est un peu votre accident industriel, votre EPR à vous.
Et puis cette année est celle d’une baisse importante des investissements sur le métro. L’automatisation est au point mort. Certaines rames sont anciennes voire antiques. Et surtout le projet de rendre accessible le métro historique est dans les limbes. Depuis la promesse du métro pour tous, depuis les études sur la ligne 6, on a toujours pas le début d’un commencement de travaux concrets pour installer des ascenseurs… Vous nous dites : ah mais c’est compliqué. Mais où est la fameuse priorité, la grande cause régionale ? La vérité c’est que vous ne mettez pas un euro sur ce projet.
Mais le budget 2026, ce sont aussi des baisses d’investissement sur le rail et le fret, mais aussi sur les voies bus en site propre et même sur le vélo, alors qu’on devrait accélérer le développement du réseau VIF. Décidément la décarbonation des transports a aussi droit à sa cure d’austérité.
Côté budget de fonctionnement, on fait face une nouvelle fois à un gel des subventions régionales pour les tarifs sociaux et pour le pass Imagin’R. C’est-à-dire que la région se désengage petit à petit des politiques de solidarité et d’aide au déplacement des jeunes. Vous laissez Ile de France Mobilités se débrouiller pour résoudre l’équation impossible : des recettes qui manquent, l’inflation, les besoins des populations fragiles et l’augmentation de l’offre qu’il faut bien financer.
Finalement, ce sont bien les usagers qui trinquent avec un pass Navigo qui franchit la barre des 90 euros mensuels et des 1000 euros annuels. Loin de chercher de nouveaux financements, vous faites de l’usager une nouvelle fois la variable d’ajustement. Et toujours rien pour les étudiants boursiers, qui galèrent au quotidien, pour se loger, se nourrir et se déplacer. Vous dites protéger les jeunes ? Je constate que malgré nos demandes répétées, vous refusez la gratuité des transports pour les étudiants boursiers, ceux qui font la queue à l’aide alimentaire, qui sont contraints d’habiter hyper loin de leurs facs. Ces jeunes là, vous leur tournez le dos, pire vous augmentez leur pass Navigo.